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Mourir au printemps – B. BÜRCHER

20 Fév 2021 - 20 Mar 2021
Lorsque j’ai commencé à travailler sur la guerre de Troie, j’ai d’abord pensé au cheval, à la belle Hélène évidemment, femme sublime convoitée par tous les rois de Grèce. Puis il y a les déesses qui se disputent le prix de beauté, mènent les hommes au carnage et forcent les rois à sacrifier leurs enfants. Dans la prose d’Homère j’ai vu son aurore au doigts de roses, ses hommes trop petits ou trop grands pour une histoire qui les dépasse et les engloutis. La guerre de Troie c’est aussi des dizaines de milliers de soldats loin de chez eux, mourant pour une guerre qui n’est pas la leur, une guerre pour récupérer la femme malheureuse d’un roi bouffi d’orgueil et enrichir un autre roi déjà richissime. Au fond, l’histoire de la guerre de Troie n’est-elle pas celle de toutes les guerres ? Toute guerre n’envoie t-elle pas des hommes sacrifier leur vie pour l’intérêt des plus puissant ? Alors je me suis souvenu de la formule de Jacques Brel dans le Moribond : « c’est dur de mourir au printemps tu sais…» Et pourtant, au cœur de cette tragédie, il y a l’amour. L’amour de Paris pour Hélène, l’amour de Pénélope pour Ulysse qui l’attendra 20 ans durant, l’amour de Priam pour son fils Hector, mort pour défendre la cité. La guerre de Troie est une fête charnelle tantôt funeste quand les corps meurent au champ d’honneur, tantôt érotique quand ces mêmes corps glissent sous les draps la veille de la bataille. Comment traduire cette complexité ? C’est le défi que tous les peintres doivent relever ! Raconter en silence… Pour paraphraser Bram Van Velde : « Le peintre est celui qui ne peut se servir des mots ». Bastien Bürcher
  • Date: 20 Fév 2021 - 20 Mar 2021

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